Thème 1 : l’éducation du cheval à pied
L’éducation du cheval à pied permet d’obtenir RESPECT et CONFIANCE en l’homme. Une partie de l’éducation peut être effectuée le cheval tenu en longe, mais le meilleur travail est obtenu le cheval en liberté dans un rond.
Respect de la sphère de l’humain :
Chaque individu possède une bulle de protection, une sphère corporelle qui correspond à la distance minimale nécessaire pour qu’il n’y ait pas sensation d’agression lorsque un autre individu s’approche. La sphère est variable en fonction du degré de confiance que le cheval accorde à son interlocuteur.
Inversement, beaucoup de problèmes découlent du fait que le cheval ne respecte pas votre propre sphère, celui qui protège vos doigts du pied !
Il est indispensable que le cheval respecte la sphère de l’humain à tout moment.
Apprenez rapidement à faire reculer et pivoter le cheval lorsque vous vous approchez de lui, sans pénétrer dans son espace. Une touche brève avec le bout de la longe ou de la chambrière, persuasive et répétée si besoin, est obligatoire s’il résiste.
Céder à la pression :
Une pression correspond à toute demande, même incontrôlée, envers le cheval.
Elle peut être physique ou psychique.
Seule la pression et le relâchement « font avancer le schmilblick ». si l’on ne demande rien, le cheval n’apprend pratiquement rien. Une pression est une demande, un relâchement est une attente de réponse. Quand le cheval cède, on cède immédiatement, voir en anticipant.
Attention !!! il faut apprendre à se contrôler. En effet plus la communication s’affine entre deux êtres et plus chacun plus attentif à l’autre. Si bien que le moindre geste, la moindre position, la moindre envie de la part de l’un ou de l’autre peuvent être interprétés comme des demandes.
Au départ n’hésitez pas à relâcher aussi longtemps que vous avez exercé la pression. La pause est la meilleure des récompenses.
Travail en liberté dans le round pen :
Le travail dans le round permet de démontrer aisément au cheval que les actions de l’homme sont des invitations à la coopération.
Soyez d’une rigueur indiscutable en ce qui concerne :
Le sens du travail
Le déplacement sur la piste
L’allure : il ne doit pas faire de transitions descendantes (exemple : trot pas) sans que vous l’avez laisser faire volontairement. A vous d’être raisonnable dans la durée du travail de chaque allure.
Encouragez le cheval à découvrir une allure très lente.
Observez les signes extérieurs de détente du travail en liberté (encolure basse, oreilles tombantes, souffle de la respiration, allure lente, regard détendu, queue détachée, naseaux dilatés…)
Faites toujours un retrait lorsqu’il fait l’effort de se tourner vers vous, même si ce ne sont que les yeux. Le but étant qu’il vous suive par la suite comme un caneton…
Si un niveau de stress trop important est dépassé, il faudra impérativement laisser fuir le cheval (sauf cas de sécurité compromise) pour qu’il s’aperçoive qu’au bout du compte sa fuite ne résoudra rien.
Importance de la « pédagogie de l’apprentissage » : le cheval doit découvrir par lui-même les conséquences de ses actes.
Mise en place des codes de communication :
La voix : chaque personne peut utiliser ses propres mots codes, mais préférez les mots n’ayant qu’une ou deux syllabes.
Attention aux mots qui ont une intonation qui s’oppose au sens du mot (exemple : « Ho ! Trot » pour passer du pas au trot ou « gaaalop ! » pour un passage du trot au galop)
Utilisez une intonation sèche pour toutes les transitions montantes et les accélérations, mais une intonation douce pour les transitions descendantes, les ralentissements et pour le rassure.
On peut proposer les mots codes suivants :
Avancer : « Allez » pour préparer le cheval à ce qui va suivre, le rendre attentif
Passer à l’allure supérieure : « ALLEZ » puis un appel de langue.
Pour descendre à une allure inférieure : « Hoooooh », 1 fois et prolongée. Répétez si besoin, mais cessez dès qu’il effectue la transition.
S’il ne s’arrête pas, attendez qu’il le demande lui-même et juste avant la transition, dites-lui « Hoooooh ». il appréciera à coup sûr et comprendra la relation du mot.
Reculer : « Back »
Il ne faut jamais faire plus de trois demandes sans résultats : intervenez immédiatement par une pression plus forte (mimique d’agression par exemple)
Le geste et le déplacement :
Nos membres sont les prolongements de notre corps. A chaque que j’avance un bras, une jambe ou même un doigt, j’exerce une pression sur le cheval. Si un doigt suffit, il n’y a pas besoin de la main toute entière. Par contre, s’il résiste, la touche du bout de la chambrière peut être d’un grand secours.
Pour faire avancer, j’agis vers l’arrière main, alors que pour faire ralentir j’agis vers l’avant main. Toute la difficulté réside dans le contrôle des gestes et des positions qui se parasitent.
Si le cheval réalise bien ce que je lui demande, je n’agis pas du tout, je le laisse faire l’exercice tout seul.
Oubliez l’assistanat. Contentez vous de créer, plutôt que d’entretenir. Vous ferez gagner beaucoup de confiance à votre cheval.
Ne rien faire c’est parfois en faire encore trop.
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